Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

retraites

  • Sommet social : la question des retraites

    retraite_01.jpg

    Les retraites seront le sujet le plus sensible du sommet social qui s'ouvre aujourd'hui. Notre régime de retraite, qui date de 1945, est dit « par répartition ». Ce système voulait se fondre sur la solidarité entre les générations. Ainsi, chaque année, le total des cotisations versées (par les actifs et par leurs employeurs) est réparti entre les retraités. Les cotisants acquièrent eux-mêmes des droits sur les générations futures, qui financeront à leur tour leur retraite lorsqu'ils cesseront de travailler. On parle depuis des années de la nécessaire réforme de ce régime, faute de quoi il explosera à cause de son déficit. Déficit essentiellement du à l'évolution démographique. En 2010, le déficit pourrait dépasser les 10 milliards d'euros. Une réforme est-elle donc cette fois devenue indispensable ?  Sur le long terme, l'équilibre financier du système par répartition est donc gravement menacé. Selon des projections remontant à 2006, le rapport entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités devrait diminuer, passant de 182 actuellement à 121 cotisants pour 100 retraités, d'ici à 2050. En retenant un scénario de base optimiste, le besoin de financement des retraites s'élèverait à près de 25 milliards d'euros en 2020, soit 1 point de PIB. Mais le premier ministre François Fillon avance des chiffres encore plus alarmants, d'après lui il ne manquerait pas moins de 100 milliards en 2050 ! Comment donc préserver de la faillite notre système « par répartition » ?

    Il existe trois paramètres sur lesquels on peut jouer : la durée de la vie active, le montant des cotisations des salariés et des entreprises et celui des pensions des retraités. Ce dernier paramètre, vu le faible montant de nombreuses pensions de retraite ne paraît pas envisageable. Le premier paramètre, celui de la durée de cotisation paraît être celui sur lequel on peut jouer, avec celui de la hausse des cotisations pour les entreprises. Pourtant six français sur dix déclarent que la retraite à 60 ans est un acquis social. Comment faire alors s'il n'y a pas de soutien populaire à cette réforme indispensable de l'avis de la majorité des partenaires sociaux ? Le recul de l'âge légal de départ à la retraite est la mesure qui réduirait le plus fortement le déficit. Selon des projections, un report à 62 ans générerait 6,6 milliards d'euros de recettes en 2020. Mais il y a un problème majeur à cela dans notre pays, les entreprises, si prompts à donner des leçons économiques, ne recrutent que très rarement les salariés au-delà de 55 ans et le taux d'emploi des 55-64 ans stagne autour de 38 % ! Ce sont les chiffres donnés par l'INSEE. Il faut donc une révolution des mentalités de chaque côté, chez les salariés mais aussi chez les dirigeants d'entreprise, si on veut tendre à une réforme acceptable pour tout le monde. Le gouvernement doit donc faire pression sur l'ensemble des partenaires sociaux (patronat et syndicats de salariés) pour que les nouvelles règles soient acceptées par le plus grand nombre. Il faudra de toute façon arriver à un accord, autant que celui-ci soit négocié. Le Parti socialiste, par la voix de Martine Aubry, s'est dit ouvert à la négociation avec le gouvernement et la première secrétaire a même publiquement envisagé un report de l'âge de départ à la retraite vers 61 ou 62 ans...avant de se raviser ! Elle n'aurait pas du céder à l'aile la plus à gauche de son parti et maintenir le cap sur une position responsable qui était toute à son honneur. La CFDT est prête aussi à discuter d'un allongement de la durée de cotisation, sous certaines conditions. La CFE-CGC, veut bien aussi un allongement mais propose en parallèle de taxer les revenus sur les entreprises françaises qui produisent à l'étranger. Pourquoi pas ? Il ne faut pas de tabous dans cette large négociation, ni du côté des salariés, ni du côté des entreprises.

    Certes, ce n'est drôle pour personne de se dire que l'on devra travailler plus longtemps, encore moins pour ma génération. Mais que faire ? Se mettre la tête dans un sac et dire que l'on verra bien le moment venu ? Je ne crois pas que se soit une attitude responsable. Les chiffres sont éloquents, il faut trouver des solutions. L'allongement en est une, à condition que les entreprises cessent entre autres d'ostraciser du marché de l'emploi les 55-64 ans. A suivre.