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Les français et leur administration par le Médiateur de la République

 

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Le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, vient de remettre son rapport annuel au Président de la République. Je trouve que le tableau présenté est assez noir. En entendant parler le médiateur, nous sommes assommés de ses tristes propos. Pour la dernière année de son mandat, Monsieur Delevoye n'y va pas de main morte ! « Le chacun pour soi à remplacer l'envie de vivre ensemble » dit-il. Il faut rappeler que c'est vers lui que se tournent les citoyens lorsqu'ils sont en litige avec l'administration...

A ce titre, il expose un constat par trop alarmant à mon avis. Il évoque ainsi une banalisation de la violence, une défiance des usagers à l'égard des administrations. Il dresse en somme un tableau très sombre des relations entre les français et leur administration. Il souligne des «dysfonctionnements» de cette administration à l'égard des citoyens. Il en existe et il faut certes les corriger et tendre à les diminuer. Mais à ce sujet, je trouve toujours étonnant que l'on demande à des fonctionnaires d'être des robots. L'erreur est humaine et sommes-nous tous, dans nos métiers respectifs, toujours exemplaires et irréprochables ?! Bien qu'il fasse le point sur des situations déjà connues (notamment l'instabilité normative et juridique ou la fragilisation du service au public et de l'accueil...), il fait un constat tout de même sévère. Pour lui, les «administrations sont au cœur d'une société usée psychiquement», ce qui induit le fait que les agents publics ne sont pas les seuls responsables...les gens sont souvent de plus en plus excédés pour un oui ou pour un non dans les rapports quotidiens, que se soit dans la sphère publique ou dans la sphère privée. Il remet également en cause l'évaluation des politiques publiques, «trop souvent sur les seuls critères budgétaires et économiques», au détriment de l'accueil et de l'information, point sur lequel je le rejoins entièrement. Jean-Paul Delevoye se félicite tout de même de «plusieurs avancées» positives, comme la généralisation de la présence de délégués du médiateur dans les prisons pour faciliter l'accès des détenus à leurs droits ou encore au sein des maisons départementales des personnes handicapées dans le but de «favoriser le traitement amiable des litiges».

En conclusion, il ressent "une société en tension et en usure psychique", ce qui est à mon avis le plus grave. Il rajoute, «avant, on était crevés au boulot. Maintenant, on est usés partout, tendus tout le temps, dans tous les compartiments de la vie». Ce qui prouve que le problème est global, touche toutes les couches de la société. Il est difficile pour beaucoup de gens de joindre les deux bouts, ce qui provoque forcément des tensions au quotidien, que l'on travaille dans le privé ou dans le public. Jean-Paul Delevoye fait le constat terrible que pour 15 millions de personnes les fins de mois se jouent à 50 ou 150 euros près. Je pense qu'il ne faut pas chercher à incriminer telle ou telle profession, à rendre responsable telle ou telle catégorie d'actifs, se serait ajouter des difficultés à notre société qui en connaît déjà suffisamment. Il vaut mieux tenter de rechercher au quotidien la tolérance, la solidarité et l'entraide entre les gens et les générations. Notre société aurait plus à y gagner. 

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