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Conférence à Seynod : la croissance verte, une réponse à la crise ?

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Hier soir j'ai assisté à la mairie de Seynod à une conférence très interessante de Serge LEPELTIER, maire de Bourges et ancien ministre de l'écologie et du développement durable. La conférence était organisée par le Parti Radical de Haute-Savoie et l'introduction était faite par son président, maire du Grand-Bornand, Gérard PERRISSIN-FABERT. L'accueil a été fait par Françoise CAMUSSO, maire de Seynod et vice-présidente du conseil général.

Il est revenu sur l'origine de la crise économique. Selon lui, elle provient de la mondialisation excessive des échanges financiers et de l'absence de règles. A l'origine, le déficit de balance de paiement des Etats-Unis qui vivent à crédit sur le monde depuis 40 ans. Les évènements du 11 septembre 2001 ont en plus mis à mal le système financier américain.

Alors comment répondre à cette crise sans pénaliser les entreprises ? voici les propositions exposées hier soir pour répondre à cette question :

Premier constat : les normes environnementales ne poussent pas à la délocalisation. En effet, les entreprises qui délocalisent le font en raison du coût des salaires et de la proximité du marché. Les entreprises polluantes ne partent pas, pour des raisons de sécurité (instabilité politique des pays émergeants).

Plusieurs formules sont envisageables. Soit on investit des moyens financiers considérables pour développer les énergies propres, le produit de la taxe carbone aurait pu être entièrement réinvestie de cette manière, soit on joue sur la contrainte, à travers des normes, et l'incitation fiscale.

La meilleure solution, d'après Monsieur Lepeltier est d'utiliser les 2. Il est ainsi indispensable d'imposer des normes aux constructeurs de voitures, mais à travers la TIPP (taxe sur les produits pétroliers), on fait augmenter le prix de l'essence, et donc on incite à moins consommer.

On constate une différence de prix de 15% entre un produit propre (produits bios) et un produit pollué (voiture...). Il faut donc trouver un moyen pour compenser cette différence. La baisse de la TVA sur les produits vertueux pourrait être une solution.

On a fait le bonus/malus pour les véhicules propres et vertueux et cela a fonctionné au-delà de nos espérances : les ventes de véhicules propres ont augmenté de 40 % et les ventes des véhicules les plus polluants ont baissé de 40 %. L'effet levier est donc très important pour sensibiliser le consommateur.

Quelques chiffres interessants ont été donné pour terminer :

  • En Allemagne, l'éolien a permis la création de 45.000 emplois.
  • En France, si on applique les dispositions du Grenelle de l'Environnement sur les logements sociaux (4.000.000), ce sont 235.000 emplois qui seront créés. L'Eco prêt à taux zéro nécessitera 1 milliards d'euros d'investissement, mais générera 20 milliards.

L'écologie est donc bien une réponse à la crise économique d'après Monsieur Lepeltier.

Serge Lepeltier a ensuite répondu aux nombreuses questions d'un public nombreux :

  • Réorganisation de l'ensemble de la fiscalité locale, basée sur des valeurs locatives, par de nouveaux impôts liés à l'environnement: C'est difficile, mais on y vient petit à petit, comme l'illustre la taxe carbone.
  • La Taxe carbone: c'est l'élément majeur de la lutte contre les émissions de CO2. Peu importe son montant au départ, l'important c'est d'afficher sa volonté de croissance pour atteindre le prix qui permettra le changement de comportement, c'est-à-dire autour des 75 euros la tonne. Il est néanmoins important de mettre en œuvre une vraie compensation par l'intermédiaire d'un crédit d'impôt ou d'un chèque vert sans pour autant mettre en place des exonérations pour les professions pénalisées. Il faut bien enclencher le dispositif pour faire changer les choses et pousser pour que ce dispositif se généralise en Europe. Cela fonctionne très bien en Suède.
  • L'éolien: c'est l'énergie renouvelable la plus productive, même si elle pose certains problèmes : coût, paysage, réponse marginale... Mais nécessaire. Elle permet notamment d'être le relais de l'énergie nucléaire lorsque les centrales sont entretenues, à la place du pétrole.

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